Sans compter

Un, deux, trois, quatre, ... mais des siècles depuis que la chambre de mon esprit était ainsi rangée en étagères bien ordonnées se sont écoulés. À présent, on dirait, ce ne fut jamais ainsi. À présent, on dirait, dès ce tout premier instant dès ce premier instant obscur et invisible où moi dans le miroir de la commode on me montrait à moi-même, l’étagère et le numéro étaient hors de moi, derrière moi, sur un mur qui n’avait rien à faire de moi sinon de me montrer ton visage quand en éclats de rire et en grimaces tu surgis, de derrière toutes les reliures noires et blanches et jaunes et rouges ; tu surgis, tu cours après moi, et me fais courir après toi, sur le plus haut rayon de l’étagère sans un ni deux... Fallait-il une vie, deux vies, des centaines de vies pour te revoir ? ou non ? À présent, on dirait, depuis des milliers d’années cette question ne se pose plus. – Les nombres se sont effacés – plus rien ne se pose dans mon esprit, sinon ceci : courir l’un après l’autre à grand tapage dans toute la vie ; désormais hors des reliures, sans compter, désormais désormais hors des rayons...

Traduction automatique du persan

Texte original (persan)

بی شمارش

L’Année de l’iris

یک ، دو ، سه ، چهار ، ... امّا قرن ها از زمانی که اتاق ذهنم این طور ، منظم قفسه بندی بود می گذرد . حالا ، انگار ، هرگز این طور نبود . حالا ، انگار ، از همان لحظۀ اول از همان لحظۀ نا پیدای گنگِ اول که مرا در آینۀ روی کمد به خود من نشان می دادند ، قفسه و شماره بیرون از من ، پُشتِ سر من ، روی دیواری بود که به من کاری نداشت جز این که صورتت را نشانم بدهد که با قهقهه های خنده و شکلک بیرون می آیی ، از پُشتِ همۀ جلدهای سیاه و سفید و زرد و قرمز ؛ بیرون می آیی ، می دوی دنبالم ، و مرا می دوانی دنبالت ، روی بالاترین جای قفسه بی یک و دو ... آیا یک عمر ، دو عمر ، صدها عمر تا دوباره دیدن تو ، باید طی می شد ؟ یا نباید ؟ حالا ، انگار ، هزاران سال است که دیگر ، این پرسش مطرح نیست . - اعداد پاک شدند – دیگر در ذهنم هیچ چیز مطرح نیست ، جز این که : بدویم دنبال هم پُر هیاهو در تمام حیات ؛ دیگر بیرون از جلد ، بی شمارش ، دیگر دیگر بیرون از طبقات ...
Poème au hasard